Traduction littérale
Le chaudron noircit la poêle
Signification
se moquer d'un défaut dont on est soi-même atteint
Explication
Cette expression dénonce l'hypocrisie de celui qui reproche à autrui un défaut dont il est lui-même chargé. L'image met en scène deux ustensiles de cuisine également noircis par le feu et la suie : le chaudron (peiròu), lui-même couvert de noir, accuse la poêle (sartan) d'être sale, sans remarquer sa propre couleur. Le comique de la scène vient de cette évidence que tout le monde voit sauf celui qui accuse. On l'emploie pour railler un donneur de leçons pris en flagrant défaut du vice qu'il condamne chez les autres, qu'il s'agisse de malpropreté, de malhonnêteté ou de tout autre travers. Le contexte rapproche justement l'image de la formule française sur l'hôpital qui se moquerait de la charité, les deux tournures reposant sur le même retournement : celui qui juge partage le mal qu'il dénonce. Le registre est familier et volontiers moqueur, la formule fonctionnant comme une réplique cinglante à l'adresse de quelqu'un qui ferait mieux de balayer devant sa porte avant de juger celle du voisin.