Traduction littérale
vendre la peau de la bête avant de l'avoir tuée
Signification
vendre la peau de la bête avant de l'avoir tuée
Explication
Le proverbe dénonce l'imprudence de qui dispose déjà, en pensée ou en parole, d'un gain ou d'un résultat qu'il n'a pas encore obtenu, en anticipant sur l'issue heureuse d'une affaire encore incertaine. L'image vient du monde de la chasse ou de l'élevage : la peau ne peut se vendre qu'une fois la bête effectivement abattue, et vouloir en disposer avant relève d'une confiance déplacée dans un résultat qui pourrait bien ne pas advenir. Le dicton correspond très exactement au français « vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué », popularisé par la fable de La Fontaine, ce qui rend son sens immédiatement transparent pour un lecteur francophone, seule la bête invoquée changeant d'une langue à l'autre selon la faune locale. Le verbe « agué » (avoir, posséder) fonctionne ici comme auxiliaire du participe « tuado », construction classique du parfait provençal. On cite ce proverbe pour mettre en garde contre un optimisme prématuré ou pour railler quelqu'un qui compte déjà les bénéfices d'une entreprise non aboutie.