Des origines à 536

L'Antiquité

Avant l'histoire

La Provence a été habitée très tôt, et trois gisements du Paléolithique inférieur en portent la preuve. À la grotte du Vallonnet, à Roquebrune, des hommes ont laissé vers -950 000 une industrie de galets et les restes des bêtes qu'ils traînaient jusque-là, hippopotame, rhinocéros, grand bovidé, jusqu'à une baleine échouée sur la plage. À la grotte de l'Escale, à Saint-Estève-Janson, des feux ont été entretenus vers -600 000, peut-être allumés de main d'homme. À Terra Amata, sur la colline de Nice, des foyers se sont conservés vers -400 000 dans un état remarquable.

Puis vient un art. Les peintures de la grotte Cosquer, à Cassis, remontent à -20 000, et l'entrée de la grotte est aujourd'hui sous la mer, ce qui l'a dérobée aux regards jusqu'en 1991. À cette époque, la Provence suit déjà sa pente propre : Agulhon et Coulet relèvent que le Solutréen reste inconnu à l'est du Rhône et que le Magdalénien ne passe pas la Durance, l'un et l'autre remplacés ici par des industries locales.

Le Néolithique confirme cette singularité. C'est en Provence que se trouvent les plus anciennes preuves connues de la domestication du mouton, à Châteauneuf-lès-Martigues. Viennent ensuite les sépultures mégalithiques, dont les hypogées d'Arles, puis les premiers villages perchés et fermés d'une enceinte, les camps de l'âge du Bronze, et les innombrables oppida de l'âge du Fer.

Avant Marseille : Ligures, Phéniciens, Rhodiens

Quand l'histoire commence à observer ce pays, au début du VIe siècle avant notre ère, il est occupé par un peuple que les Grecs anciens nomment les Ligures, un peuple mystérieux dont on sait finalement peu de choses sûres. Les Ligures vivent dans des oppida perchés sur des éperons rocheux, postes de guet et de refuge, et ils ignorent l'écriture. De leur langue, rien ne subsiste que des traces indirectes dans les noms de lieux.

Avant même la fondation de Marseille, ces rivages avaient déjà reçu la visite de marins venus de loin. Des Phéniciens y touchent à partir du XIe siècle avant notre ère, mais leurs installations restent précaires. Plus solides sont les traces laissées par les navigateurs de Rhodes, aux VIIIe et VIIe siècles avant notre ère : un comptoir rhodien s'était établi à Marseille même, un demi-siècle avant l'arrivée des Phocéens.

La fondation de Marseille et sa première crise

En 594 avant notre ère, des navigateurs ioniens venus de Phocée débarquent dans une calanque de la côte ligure et fondent Massalia. À partir de cet événement, l'histoire de la Provence devient pour quatre siècles presque exclusivement grecque et marseillaise. La cité installe un comptoir sur le cours inférieur du Rhône et devient le débouché méditerranéen du commerce de l'étain venu de Cornouailles.

Cette prospérité connaît un coup d'arrêt brutal. Les flottes phocéennes, alliées à celles d'Alalia en Corse, sont dispersées par les Carthaginois et les Étrusques coalisés au large de la Sardaigne, et la Corse tombe aux mains des Étrusques. Mais Marseille se redresse vite, portée par le recul des puissances rivales en Méditerranée occidentale, et reconstitue son réseau de comptoirs.

La confédération celto-ligure et Entremont

Depuis le milieu du Ve siècle avant notre ère, des Celtes s'installent durablement dans l'arrière-pays marseillais. Une légende raconte comment leur chef, Catumarandos, aurait assiégé Marseille avec l'aide de tribus ligures voisines, avant de renoncer sur l'avertissement d'un songe et de conclure avec la cité un traité d'amitié. Derrière cette légende se devine une entente réelle entre Massaliètes et nouveaux venus.

De cette rencontre naît une confédération celto-ligure qui donne à la Provence occidentale une unité politique qu'elle n'avait jamais connue, dirigée depuis Entremont, forteresse dominant la vallée de l'Arc. Un centre religieux voisin, Roquepertuse, porte des sculptures d'influence grecque, preuve que l'apport culturel de Marseille irriguait aussi ce monde resté indépendant d'elle. « Cette confédération donna à la Provence occidentale une unité politique et même, peut-on dire, une nationalité que ce pays n'avait, auparavant, jamais connues » écrit Busquet.

Marseille appelle Rome

Marseille commerce, et le commerce lui vaut des voisins hostiles. Dès sa fondation elle a dû se défendre contre les Ligures, et ses relations avec les Salyens, bonnes le plus souvent, ne l'ont jamais mise à l'abri d'une offensive. Trois fois elle se tourne vers Rome. En 181 puis en 154, les Romains interviennent contre les Oxybiens et les Décéates, sur la côte orientale. En 125, l'attaque salyenne, appuyée par les Voconces d'au-delà de la Durance, est le plus grand danger que la cité ait connu, et son appel de détresse part aussitôt.

Rome répond, et cette fois elle ne repart pas. Le Sénat envoie le consul Fulvius Flaccus, qui bat les Ligures puis marche contre les Voconces et revient aux Salyens. L'année suivante, le consul Sextius Calvinus arrive avec une armée fraîche, et le geste vaut déclaration : au lieu de relever la troupe de son prédécesseur, il s'y joint. Rome entend s'installer. En 122, Sextius Calvinus fonde au pied d'Entremont la ville qui portera son nom, Aquae Sextiae. Marseille avait demandé un secours, elle a fait venir un maître.

L'invasion des Cimbres

À la fin du IIe siècle avant notre ère, un peuple venu du nord, les Cimbres, se met en mouvement à travers la Germanie et menace les territoires que Rome vient de conquérir. Après avoir erré vers l'Aquitaine puis l'Espagne, ils se replient. Rome envoie le consul Marius les attendre aux frontières de la Provincia : établi près d'Arles, il fait creuser un canal navigable entre le golfe de Fos et la ville, les Fosses mariennes. En 105 avant notre ère, les Cimbres détruisent deux armées romaines près d'Orange, avant que Marius ne finisse par les écraser en 102, près d'Aix, avec les Teutons qui les avaient rejoints.

L'exploitation romaine et les révoltes

La domination romaine ne fut pas une chance pour les peuples soumis : « jamais peut-être l'exploitation des pays conquis ne fut plus débridée qu'au dernier siècle de la République » écrit Busquet. Le sol devenait propriété du peuple romain, les anciens propriétaires n'en gardant qu'un usage grevé de charges. Marseille, cité fédérée et indépendante, échappait à ce régime, mais non les peuples de l'intérieur, frappés de taxes nouvelles et de réquisitions de blé sans mesure.

Deux révoltes en portent la trace. En 90 avant notre ère, les Salyens se soulèvent et sont châtiés par l'armée de C. Cecilius. En 83, une nouvelle révolte, plus large, gagne les tribus celtiques de la Transalpine et le nord de l'Espagne, réprimée par Valérius Flaccus.

La Provence devient romaine

La rupture entre César et Pompée oblige Marseille à choisir, et sa tradition la porte du côté de Pompée. César assiège la ville au printemps de 49, la prend après cinq mois et un blocus par mer, et règle sa capitulation sans ménagement. Elle rend ses armes, ses machines, ses navires et son trésor, ses remparts sont démolis, et elle perd tous ses territoires extérieurs et toutes ses colonies, à l'exception de Nice. Elle garde le titre de cité libre et ses institutions. Busquet juge la formule pour ce qu'elle vaut : « toute libre qu'elle fût déclarée, elle était désormais sujette sous les apparences de l'indépendance ».

Vient alors ce qui change le pays pour des siècles. Pour récompenser ses soldats, César fonde sur les terres de la province des colonies de vétérans, installées par Tiberius Nero. Narbonne va aux hommes de la dixième légion, Arles à ceux de la sixième, et le mouvement gagne Béziers, Orange et Vienne. Sur le littoral oriental, Fréjus reçoit les vétérans de la huitième et un port promis à un avenir militaire. Le territoire des Salyens, brisé par un siècle de répressions, est partagé : la part occidentale à Arles, la part orientale à Fréjus, et la part centrale, celle d'Entremont, laissée aux Salyens autour d'Aix.

Arles est la préférée. Elle reçoit un nom qui dit tout, Colonia Julia Paterna Arelate Sextanorum, la majeure part des possessions arrachées à Marseille, la Camargue, l'étang de Berre, Tarascon. Busquet y voit le calcul d'un homme qui savait ce qu'il faisait : César « fit de l'une des cités l'héritière de l'autre et grandit Arles pour en faire l'instrument majeur de la romanisation en Transalpine ». Les terres distribuées aux colons ne sont pas groupées autour du chef-lieu mais dispersées sur tout le territoire, ce qui évitait de chasser en masse les anciens cultivateurs et mêlait les nouveaux venus aux gens du pays. L'assimilation était dans le procédé.

Le pays se couvre alors de pierre. Arles possède son amphithéâtre dès le temps de César, avant Rome elle-même, et son théâtre, et un cirque, et un arc de triomphe, et des remparts dont les portes en demi-lune trahissent encore l'œil grec. Les autres colonies suivent. Après Actium, en 31, Octave installe une part de sa flotte à Fréjus. Les routes viennent ensuite, et à partir de l'an 12 la via Julia Augusta relie la Ligurie à Fréjus par Vintimille, La Turbie et Cimiez. Quand les Alpes sont pacifiées, la province des Alpes-Maritimes prend pour chef-lieu Cimiez, Nice étant restée massaliète. Sous Auguste et ses successeurs, trente-sept colonies de droit latin sont créées, dont Aix, qui obtiendra plus tard le droit romain, tandis qu'Avignon, Cavaillon, Apt, Carpentras, Digne et Riez reçoivent le droit latin.

Il faut mesurer ce que cela signifie. La Provence avait été grecque par Marseille, ligure par ses tribus, celte par une mince couche de nouveaux venus. Elle devient romaine par le peuplement, par la terre et par le droit, avec une densité de colonies que peu de régions de Gaule ont connue. Le reste de son histoire en découlera, jusqu'au tracé des diocèses, que les limites de ces cités dessinent encore.

La langue à cette époque

De la langue des Ligures, rien ne subsiste que des indices indirects. Busquet le dit comme un fait, sans détour possible : « De leur langue, nous ne savons rien, en dehors de ce que nous fournissent des éléments, obscurs, de toponomastique. » Les noms de lieux du littoral et celui d'un grand fleuve gardent en revanche la trace des navigateurs doriens de Rhodes, attestée par les géographes et historiens grecs depuis le IVe siècle.

Marseille grecque parle grec pendant des siècles, mais son emprise institutionnelle finit par céder devant Rome. Deux inscriptions montrent la cité administrée par des duumvirs et des décurions : elle a renoncé à ses timouques et à son régime d'origine grecque pour adopter le régime municipal latin. Busquet date cet événement de 212 ou 213, à la faveur de l'édit de Caracalla qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'Empire. Le basculement de la langue commune suit celui, plus rapide encore, des noms de personnes : dès le siècle précédent, les originaires du pays entrés dans les curies municipales abandonnaient déjà leurs noms gaulois pour des gentilices latins. La latinisation progresse vite pour une province tardivement grecque : les trois quarts des inscriptions que l'Antiquité y a laissées sont des inscriptions latines.

Le concile d'Arles de 314

L'édit de Milan, en 313, change la condition du christianisme dans tout l'Empire. L'année suivante, un concile se réunit à Arles contre les Donatistes, et Busquet y compte cinq évêques provençaux : ceux d'Arles, d'Orange, de Vaison, de Marseille et d'Apt.

Cette liste appelle une précision. Narbonne, absente du compte de Busquet, se trouve simplement hors du périmètre de la province, son absence ne signale aucune lacune. Nice, en revanche, ne pouvait pas y figurer pour une raison de chronologie et non de géographie : son siège épiscopal n'apparaît, dans le récit de Busquet, que vers 365 environ, un demi-siècle après le concile. Avant ce concile, un seul évêque provençal est connu avec certitude, celui d'Arles, Marcien, attesté vers 254 par une lettre de l'évêque de Lyon qui lui reproche d'avoir embrassé la doctrine de Novatien.

La fin de la Provence antique : un désaccord entre historiens

La chronologie de cette page conduit le récit jusqu'en 536, année où les Francs achèvent d'intégrer la Provence à leur royaume. Busquet, lui, referme sa première partie beaucoup plus tôt, en 476. Ce n'est pas un détail de sa table des matières, mais une lecture différente de ce qui compte comme rupture.

L'année 476 est, pour l'Occident romain, celle de l'effondrement définitif. En 475, le maître de la milice Oreste chasse l'empereur Julius Nepos et porte au pouvoir son propre fils, Romulus Augustule, qui n'a que quatorze ans. Un an plus tard, le chef hérule Odoacre le renverse : l'Empire d'Occident cesse d'exister. Pour Busquet, tant que cette autorité impériale subsistait, même affaiblie, elle donnait à Arles un sens à défendre. Une fois ce fantôme d'Empire renversé, la ville ne représente plus rien : le roi wisigoth Euric en profite aussitôt, bat ses défenseurs, s'empare d'Arles puis de Marseille, et devient maître de la basse Provence. Busquet clôt son récit sur une phrase sans appel : « La Provence antique avait cessé d'exister. »

Pour Busquet, tout ce qui suit, les Burgondes maîtres de la Provence entière dès 484, les Francs de Clovis vainqueurs à Vouillé en 507, les Ostrogoths de Théodoric maîtres à leur tour en 523, jusqu'au partage final de 536, appartient déjà à une autre histoire, celle qu'il ouvre lui-même sous le titre de deuxième partie. La borne de cette page, fixée à 536 pour marquer l'intégration au royaume franc, ne bouge pas : elle reste un repère solide, l'aboutissement politique d'une longue dispute entre royaumes barbares pour la possession du pays. Le désaccord mérite pourtant d'être connu pour ce qu'il est, un désaccord entre historiens sur la nature même d'une fin. L'un regarde la disparition d'une autorité, l'autre l'aboutissement d'un processus. Les deux regards sont défendables.

La mêlée des royaumes barbares

Entre 476 et 536, la Provence change plusieurs fois de maîtres. À la mort d'Euric en 484, les Burgondes franchissent aussitôt la Durance et deviennent, selon Busquet, les maîtres de la Provence entière. Les Francs de Clovis, entrés en scène dès 481, attaquent ensuite les Burgondes, l'emportent d'abord mais échouent devant Avignon en 500, avant qu'Alaric II n'intervienne comme médiateur. En 507, à Vouillé, Clovis, converti au christianisme orthodoxe, bat et tue le roi wisigoth.

Les Ostrogoths de Théodoric interviennent à leur tour : ils font lever le siège d'Arles, entrent à Marseille, prennent Avignon, puis obtiennent en 523, en échange de la neutralité burgonde, les territoires provençaux que ce peuple contrôlait encore. Les Ostrogoths dominent alors l'ensemble du pays. Leur fin vient d'ailleurs : Justinien, songeant à récupérer l'Italie pour l'empire d'Orient, lance en 536 une expédition qui s'empare de la Sicile, de l'Italie du Sud et de Rome. Pressés par ce danger, les rois ostrogoths cèdent la Provence aux Francs, deux ans après que les fils de Clovis eurent soumis la Burgondie et que Théodebert eut mis le siège devant Arles, repoussé par le patrice Libère. La possession franque du pays, confirmée par une concession de l'empereur Justinien lui-même, ferme cette longue dispute.

Chronologie

  1. vers -950 000
    Plus ancienne occupation humaine attestée en Provence, à la grotte du Vallonnet, à Roquebrune : industrie de galets et restes de chasse
  2. vers -600 000
    Premiers feux entretenus, et peut-être allumés par l'homme, à la grotte de l'Escale à Saint-Estève-Janson, au début de la glaciation de Mindel
  3. vers -400 000
    Foyers remarquablement conservés de Terra Amata, à Nice, troisième grand gisement du Paléolithique inférieur provençal
  4. vers -20 000
    Peintures pariétales de la grotte Cosquer, à Cassis, découverte en 1991 : premier art connu de la Provence
  5. Paléolithique supérieur
    La Provence se distingue du reste de la France : le Solutréen est inconnu à l'est du Rhône et le Magdalénien ne franchit pas la Durance, tous deux remplacés par des industries locales
  6. Néolithique
    Plus anciennes preuves connues de la domestication du mouton, à Châteauneuf-lès-Martigues. Au Néolithique final apparaissent les sépultures mégalithiques, dont les hypogées d'Arles, et les premiers habitats perchés à enceinte
  7. 594 avant J.-C.
    Des navigateurs ioniens venus de Phocée débarquent dans une calanque de la côte ligure et fondent Massalia
  8. IVe siècle avant J.-C.
    Des populations celtes descendent vers le sud, à l'époque de la prise de Rome par les Gaulois
  9. 387 avant J.-C.
    Après la prise de Rome par les Gaulois, les Marseillais aident les Romains à payer le tribut exigé par les vainqueurs
  10. 217 avant J.-C.
    Marseille participe à la victoire navale de l'Ebre, lors de la seconde guerre punique
  11. 181 et 154 avant J.-C.
    Premières interventions romaines contre les Oxybiens et les Décéates
  12. 125 avant J.-C.
    Les Salyens attaquent les Massaliètes sur leurs territoires, avec le soutien des Voconces ; Marseille appelle Rome au secours et le Sénat envoie le consul M. Fulvius Flaccus
  13. 125-121 avant J.-C.
    Guerre des Romains contre la coalition des Ligures, Salyens, Voconces, Allobroges et Arvernes
  14. 124 et 123 avant J.-C.
    Le consul Caius Sextius Calvinus rejoint l'armée de son prédécesseur au lieu de la relever, marque de la volonté romaine de s'implanter, et reprend les opérations contre les Salyens
  15. 122 avant J.-C.
    Sextius Calvinus fonde Aquae Sextiae Salluviorum (Aix), au pied d'Entremont
  16. 118 avant J.-C.
    Fondation de la colonie romaine de Narbo Martius (Narbonne)
  17. 109 avant J.-C. puis 105 avant J.-C.
    Les Cimbres atteignent les Séquanes (109), puis détruisent deux armées romaines près d'Orange le 6 octobre 105
  18. 102 avant J.-C.
    Victoire de Marius sur les Teutons, près d'Aix
  19. 90 avant J.-C.
    Révolte des Salyens, châtiée par l'armée de C. Cecilius
  20. 83 avant J.-C.
    Nouvelle révolte, étendue aux tribus celtiques de la Transalpine et au nord de l'Espagne, réprimée par Valérius Flaccus
  21. Printemps 49 avant J.-C.
    César assiège Marseille, qui capitule après deux batailles navales
  22. Années 40 avant J.-C.
    César fonde des colonies de vétérans sur les terres provinciales, installées par Tiberius Nero : Narbonne pour la Xe légion, Arles pour la VIe, ainsi que Béziers, Orange et Vienne
  23. Années 40 avant J.-C.
    Le territoire des Salyens est partagé, la part occidentale revenant à Arles, la part orientale à Fréjus, la part centrale avec Entremont restant aux Salyens autour d'Aix
  24. Années 40 avant J.-C.
    Arles reçoit le nom de Colonia Julia Paterna Arelate Sextanorum et la majeure part des possessions enlevées à Marseille, César en faisant l'instrument majeur de la romanisation en Transalpine
  25. 15 mars 44 avant J.-C.
    Assassinat de César au Sénat, suivi de treize ans de guerres jusqu'à Actium
  26. 31 avant J.-C.
    Au lendemain d'Actium, Octave installe une partie de sa flotte à Fréjus
  27. 22 avant J.-C.
    Auguste organise définitivement les provinces gauloises ; création de la Provincia Narbonensis
  28. 6 avant J.-C.
    Fin de la pacification des confins alpestres, marquée par le trophée d'Auguste à La Turbie
  29. À partir de l'an 12
    Construction de la via Julia Augusta, voie majeure du réseau, de Vada Sabatia près de Savone à Fréjus par Vintimille, La Turbie et Cimiez
  30. Sous Auguste et les premiers empereurs
    Création de 37 colonies de droit latin, dont Aix, qui reçut plus tard le droit romain ; Avignon, Cavaillon, Apt, Carpentras, Digne et Riez reçoivent le droit latin
  31. Après 6 avant J.-C.
    Les Alpes pacifiées forment trois provinces, celle des Alpes-Maritimes ayant son chef-lieu à Cimiez, Nice étant restée massaliète
  32. 177
    Martyrs de Lyon et de Vienne : premières communautés chrétiennes gauloises attestées avec certitude
  33. 212 ou 213
    Édit de Caracalla, citoyenneté accordée à tous les hommes libres de l'Empire ; Marseille abandonne son régime des timouques pour le régime municipal latin
  34. Milieu du IIIe siècle (254 selon Wikipédia et Busquet)
    Présence attestée d'un évêque, ou d'une Église organisée, à Arles
  35. IIIe siècle
    Des invasions ravagent la Gaule mais épargnent totalement la Narbonnaise
  36. 309-310
    Constantin assiège Marseille, où s'était réfugié Maximien
  37. 313
    Transfert de l'atelier monétaire d'Ostie à Arles
  38. 1er août 314
    Concile d'Arles : cinq évêques provençaux y siègent, ceux d'Arles, d'Orange, de Vaison, de Marseille et d'Apt
  39. Fin du IIIe siècle et IVe siècle
    Réformes administratives de Dioclétien puis de Constantin, division du midi de la Gaule en cinq provinces
  40. 353
    Second concile général convoqué à Arles, au plus fort de la querelle arienne
  41. Autour de 375
    Naissance de la Narbonnaise seconde, par démembrement de la Viennoise, chef-lieu à Aix
  42. Fin du IVe siècle ou début du Ve siècle
    La préfecture du prétoire des Gaules est installée à Arles
  43. 408-411
    Arles se retrouve pour un temps aux mains d'un usurpateur, un autre Constantin
  44. 410
    Fondation des îles de Lérins par Honorat ; prise de Rome par les Wisigoths d'Alaric
  45. 413
    Les Wisigoths d'Alaric traversent le sud-est de la Gaule en route vers l'Espagne
  46. 416
    Jean Cassien fonde à Marseille des communautés religieuses d'hommes et de femmes
  47. 17 avril 418
    L'empereur Honorius convoque à Arles le concile (l'assemblée) des sept provinces
  48. 426, 452, 458
    Incursions wisigothiques malheureuses sur la rive est du Rhône
  49. Depuis 443
    Les Burgondes, transférés en Savoie, gagnent progressivement Valence, Die et Embrun
  50. 451
    Bataille des Champs Catalauniques
  51. 470
    Les Burgondes atteignent la Durance
  52. 475
    Oreste, maître de la milice et ancien secrétaire d'Attila, chasse Julius Nepos et fait empereur son fils Romulus Augustule, âgé de quatorze ans
  53. 476
    Euric prend Arles puis Marseille et devient maître de la basse Provence ; Busquet y situe la fin de la Provence antique
  54. 481
    Les Francs entrent en scène et commencent leur randonnée, avant de conquérir la Gaule jusqu'entre Somme et Loire
  55. 484
    Mort d'Euric à Arles ; les Burgondes franchissent aussitôt la Durance et deviennent les maîtres de la Provence entière
  56. 500
    Clovis attaque les Burgondes, l'emporte d'abord puis échoue devant Avignon ; Alaric II intervient comme médiateur
  57. 507
    Bataille de Vouillé, mort d'Alaric II, roi wisigoth, face à Clovis converti au christianisme orthodoxe
  58. 508
    Le roi ostrogoth Théodoric fait lever le siège d'Arles, entre à Marseille et prend Avignon
  59. 510
    Théodoric restaure la préfecture du prétoire des Gaules à Arles ; les Ostrogoths reprennent aussi Nîmes, Narbonne, Orange et Valence
  60. 523
    Avancée ostrogothe jusqu'à l'Isère ; Théodoric vend sa neutralité aux Burgondes contre ce qu'ils avaient conservé en Provence, toute la Provence passe aux Ostrogoths
  61. 529
    Concile de Vaison : création des écoles paroissiales pour les desservants ruraux
  62. 534
    Les fils de Clovis soumettent la Burgondie et se la partagent ; Théodebert met le siège devant Arles, repoussé par le patrice Libère
  63. 535
    Exécution d'Amalasonte, servant de prétexte à la guerre gothique
  64. 536 (536-537 selon Wikipédia)
    Les Francs s'emparent du pays, intégration de la Provence au royaume franc

Sources de la page