Chanson provençale

Vèni d’oousi

Je viens d'entendre

Chanson n° 14 Antoine Maurel, 1844 (création scénique) ; texte publié en 1856

Chanson n° 14 du recueil Musique de scène de la pastorale provençale Le Mystère de la naissance de N.-S. Jésus-Christ, créée à Marseille en 1844 ; édition Arnaud et Cie, Marseille, 1856, p. 40-42 de Antoine Maurel (dates inconnues), publié en 1844 (création scénique) ; texte publié en 1856. Antoine Maurel mort en 1897, domaine public (plus de 70 ans après sa mort) Graphie de la source : pré-félibréenne (orthographe phonétique ancienne : « oousi », « poulí », « ieou », « aou »), reproduite telle quelle.

Texte

Provençal
Vèni d’oousi, Su lei coulino, Un chan poulí, De vouas divino. Vèni d’oousi Un chan poulí, De vouas divino, Que m’an ravi. Tant dous ramagi Que m’enchanta, Vouestre lengagi, Din lou villagi S’es repeta. Aou grand messagi Qu’avès crida, Lei roumavagi Si soun fourma. Ai moun bagagi Tout prepara, Tout prepara Per lou vouyagi. Farai hooumagi Aou nouveou na Que dien tant sagi. Din la campagno, Moueri de frei. L’esfrai mi gagno D’estre soulet, Senso coumpagno. Dieou tout puissant ! Degun m’entende, La poou mi rende Coumo un enfan. Douço esperanço, Aousi de bru, Oh ! Ben ségu Quaouqu’un s’avanço ; L’ami Noura Ver ieou s’empresso. Soun alegresso M’a rassura.
Français
Je viens d’entendre, Sur les collines, Un chant agréable, Des voix divines. Je viens d’entendre Un chant charmant, Des voix divines, Qui m’ont ravi. Un si doux ramage Qui m’enchante, Votre langage, Dans le village, S’est répété. Au grand message Que vous avez crié, Les pèlerinages Se sont formés. J’ai mon bagage Tout préparé, Tout préparé Pour le voyage : Je rendrai hommage Au nouveau-né Qu’on dit si sage. Dans la campagne, Je meurs de froid. L’effroi me gagne D’être seul, Sans compagnie. Dieu tout puissant ! Personne ne m’entend, La peur me rend Comme un enfant. Douce espérance, J’entends du bruit, Oh ! Bien sûr Quelqu’un s’avance ; L’ami Honoré Vers moi s’empresse. Son allégresse M’a rassuré.

Notice

Ce chant est tiré de la pastorale provençale d'Antoine Maurel, créée à Marseille en 1844, où le berger Flouret l'entonne au deuxième tableau du premier acte en entendant au loin le chant des anges annonçant la Nativité. Dans le second couplet, le berger, seul et transi de froid dans la campagne, se rassure en voyant approcher son ami Honoré. Le texte, publié en 1856, est noté dans une orthographe phonétique antérieure à la réforme félibréenne, distincte de la graphie mistralienne des noëls de Saboly.

Mots notables

ProvençalFrançais
oousientendre (graphie pré-félibréenne d'ausi/entendre)
ramagiramage, chant des oiseaux ou mélodie
roumavagipèlerinage
esfraieffroi
alegressoallégresse

Source : Antoine Maurel, Musique de scène de la pastorale provençale Le Mystère de la naissance de N.-S. Jésus-Christ, créée à Marseille en 1844 ; édition Arnaud et Cie, Marseille, 1856, p. 40-42, 1844 (création scénique) ; texte publié en 1856, chanson n° 14. Domaine public. Numérisation : http://mtcn.free.fr/lyrics/veni-d-oousi-je-viens-d-entendre.php?lng=fr. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.