Chanson provençale

Venès vèire dins l’estable

Venez voir dans l'étable

Chanson n° 4 Nicolas Saboly, 1673

Chanson n° 4 du recueil 7e cahier de noëls (Avignon, 1673) ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 52 de Nicolas Saboly (dates inconnues), publié en 1673. Nicolas Saboly mort en 1675, domaine public ; publication de 1673, antérieure à 1926 Graphie de la source : mistralienne, reproduite telle quelle.

Texte

Provençal
Venès vèire dins l’estable Aquéu bèl enfant qu’es na ; Vous sarès tous estouna : N’i’a rèn de plus amirable. Es d’uno doublo naturo, Fiéu de l’ome, Fiéu de Diéu ; Es miracle quand es viéu, Après lei mau qu’éu enduro. Certos, iéu vous pode dire Que l’ai jamai vist ploura, Ni gémi, ni souspira ; Mai bèn souvent l’ai vist rire. Jóusè lou pren, lou caresso, E lou sarro entre sei bras : N’en sara pas jamai las, Belèu mourra de tendresso. Sa maire, la bono Damo, Li dis cènt milo douçour : « Jèsu, moun cor, moun amour, Vous sias lou rèi de moun amo ! » De joio touto ravido, Li parlo d’un toun pu fort : « Vous ame coume moun cor, Vous ame mai que ma vido ! » Jóusèt e la Vierge Maire Nous ensignoun la leiçoun, E nous mostron la façoun De tout ce que devèn faire.
Français
Venez voir dans l’étable Ce bel enfant qui est né ; Vous serez tous étonnés : Il n’y a rien de plus admirable. Il est d’une double nature, Fils de l’homme, fils de Dieu ; C’est un miracle qu’il soit vivant, Après les maux qu’il endura. Certes, je peux vous dire Que je ne l’ai jamais vu pleurer, Ni gémir, ni soupirer ; Mais bien souvent je l’ai vu rire. Joseph le prend, le caresse, Et le serre entre ses bras : Il n’en sera jamais las, Peut-être en mourra-t-il de tendresse. Sa mère, la bonne Dame, Lui dit cent mille douceurs : « Jésus, mon cœur, mon amour, Vous êtes le roi de mon âme ! » De joie toute ravie, Elle lui parle d’un ton plus fort : « Je vous aime comme mon cœur, Je vous aime plus que ma vie ! » Joseph et la Vierge Mère Nous enseignent la leçon, Et nous montrent la façon De tout ce que nous devons faire.

Notice

Ce nouvè invite les fidèles à venir contempler l'Enfant Jésus dans l'étable, insistant sur sa double nature d'homme et de Dieu. Il décrit ensuite la tendresse de saint Joseph, qui le serre dans ses bras, et l'amour débordant de la Vierge Marie envers son fils. Publié en 1673 dans le septième cahier de noëls de Nicolas Saboly, le texte se conclut sur l'enseignement moral que donnent Joseph et Marie par leur exemple.

Mots notables

ProvençalFrançais
amirableadmirable
souspirasoupirer
sarroil serre
douçourdouceur
ravidoravie
ensignounils enseignent

Source : Nicolas Saboly, 7e cahier de noëls (Avignon, 1673) ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 52, 1673, chanson n° 4. Domaine public. Numérisation : http://mtcn.free.fr/lyrics/venes-veire-dins-l-estable.php?lng=fr. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.