Provençal
Un ange dòu cèu es vengu (bis)
Que nous a toutes esmougu. (bis)
Dessus nòstei mountagno,
A di qu’anue dins Betelèn
Un Diéu es na dessus lou fen,
Dins la raso campagno.
Me siéu d’abord mes en camin,
En jougant de moun tambourin,
E pan ! pan ! pan !
Patatin ! patatan !
Sènso cregne l’eigagno.
Veici veni lou gros serpènt (bis)
Vers l’estable de Betelèn (bis)
Pèr troubla nosto fèsto ;
Pastre, descendès eiçavau,
Dounen sus aquest animau,
Jouguen-li de soun rèsto ;
Aro es lou tèms, o jamai noun,
Que li fau douna d’un bastoun,
E zòu ! zòu ! zòu !
Patati ! patatòu !
Esclapen-li la tèsto !
Eiçô’s aquéu vilèn Satan (bis)
Qu’embrenè la raço d’Adam (bis)
De la plus fino rougno ;
Soun venin èro tan marrit
Que nous avié toutei pourri,
A nosto grand vergougno ;
Pièisque nous a tan mautrata
A noste tour lou fau grata.
E zòu ! zòu ! zòu !
Patati ! patatòu !
Fen-li milo boudougno.
Despièi mai de quatre milo an (bis)
Es altera de noste sang, (bis)
E chasque jour s’en lipo.
A tan empli soun casaquin
De car, de graisso e de sahin,
Que la panso li estripo !
Sarié pecat de l’espargna,
Eu que nous a tan sagagna.
E zòu ! zòu ! zòu !
Patati ! patatòu !
Derraben-li lei tripo.
Emé l’ajudo dòu bon Diéu, (bis)
Lou fau escourtega tout viéu, (bis)
Coume uno anguielo fino,
E pièi chapoutaren sa chair,
Plus menu que de caulet verd
Que donon ei galino.
Pastres, aco’s trop counsulta,
Faudrié que fusse sagata,
E zòu ! zòu ! zòu !
Patati ! patatòu !
Espeien-li l’esquino.
De sa pèu faren un garrot, (bis)
Pièi la pendoularen au cro (bis)
De quauque bouticaire.
Toutei lei gènt que passaran
Diran : « Vequi lou gros Satan,
Aquéu vilèn manjaire,
Que pèr avé trop rousiga,
Lei pastre l’an escourtega. »
E zòu ! zòu ! zòu !
Patati ! patatòu !
Garden-nous de mau faire.
Français
Un ange du ciel est venu (bis)
Qui nous a tous émus. (bis)
Sur notre montagne,
Il a dit que cette nuit dans Bethléem
Un Dieu est né sur le foin,
Dans la rase campagne.
Je me suis d’abord mis en chemin,
En jouant de mon tambourin,
Et pan ! pan ! pan !
Patatin ! patatan !
Sans craindre la rosée du matin.
Voici venir le gros serpent (bis)
Vers l’étable de Bethléem (bis)
Pour troubler notre fête ;
Pâtres, descendez ici-bas,
Donnez sur cet animal,
Jouons-lui de son reste ;
C'est maintenant le temps, ou jamais,
Qu'il lui faut donner du bâton,
Et zou ! zou ! zou !
Patati ! patatou !
Fendons-lui la tête !
Ceci, c'est ce vilain Satan (bis)
Qui souilla la race d'Adam (bis)
De la plus fine gale ;
Son venin était si mauvais
Qu'il nous avait tous pourris,
À notre grande honte ;
Puisqu'il nous a tant maltraités
À notre tour il faut le gratter.
Et zou ! zou ! zou !
Patati ! patatou !
Faisons-lui mille bosses.
Depuis plus de quatre mille ans (bis)
Il s'est désaltéré de notre sang, (bis)
Et chaque jour il s'en pourlèche.
Il a tant empli son ventre
De chair, de graisse et de saindoux,
Que sa panse s'en éventre !
Ce serait péché de l'épargner,
Lui qui nous a tant malmenés.
Et zou ! zou ! zou !
Patati ! patatou !
Arrachons-lui les tripes.
Avec l'aide du bon Dieu, (bis)
Il faut l'écorcher tout vif, (bis)
Comme une anguille fine,
Et puis nous hacherons sa chair,
Plus menu que du chou vert
Qu'on donne aux poules.
Pâtres, ceci est trop délibérer,
Il faudrait qu'il soit égorgé,
Et zou ! zou ! zou !
Patati ! patatou !
Écorchons-lui l'échine.
De sa peau nous ferons une enseigne, (bis)
Puis nous la pendrons au croc (bis)
De quelque apothicaire.
Tous les gens qui passeront
Diront : « Voici le gros Satan,
Ce vilain goinfre,
Qui pour avoir trop grignoté,
Les pâtres l'ont écorché. »
Et zou ! zou ! zou !
Patati ! patatou !
Gardons-nous de mal faire.