Chanson provençale

LOU CASTEOU DE PARPIGNAN

Le château de Perpignan

Chanson n° 40 Damase Arbaud, 1862

Chanson n° 40 du recueil Chants populaires de la Provence de Damase Arbaud (1814-1876), publié en 1862. Domaine public. Le texte est donné dans la graphie d'Arbaud, antérieure à la normalisation félibréenne : elle est reproduite telle quelle, sans correction.

Texte

Provençal
Au camin de Parpignan (bis) Qu l'y perde, qu l'y gagno, Tra de ran la, de ran la, lou guel Qu l'y perde, qu l'y gagno. Jou 1 y ai jamai ren gagnat Quel'yai perdut ma coumpagno Tra de ran la. . . .. La siou anado cercar Au plus haut de la mountagno, Tra de ran la. . . .. Mais iou l'y ai ren rescountrat Qu'un casteou cubert de sagno, Tra de ran la. . . .. L'y avie tres damos dedins, Toutes tres s'appeloun Jeanno, Tra de ran la. . . .. M'ant counvidat de soupar Et de couchar dins sa chambro, Tra de ran la. . .. De soupar s'y souparai, De couchar me n'en chau gaire, Tra de ran la. . . .. Coucharai au ped doou fuec Sur un paquetoun de palho, Tra de ran la. . . .. Quand n'en ven la miegeo-nuech, Lou fuec s'es mes à la palho, Tra de ran la. , + + + — 0 servanto, levo-te, Vese lou soureou que rayo, Tra de ran la. . . .. — Noun n'en es pas lou soureou Que treluse dins la sallo, Tra de ran la. . . .. Es les brayos doou galant Que flamien eme la palho, Tra de ran la. . . .. — 0 servanto, coucho-te, Leisso flamiar ce que flambo, Tra de ran Ja. . . .. S'aguesso coucha' 'me iou Aurie pas brulat ses brayos, Tra de ran la. . . . . — Hoto! par ma fistra ! noun ! Amou mai anar sans brayos, Tra de ran la. . . .. — Que maugrabiou lou foutrau ! (bis) Qu'amo mai anar sans brayos, Tra de ran la, de ran la, lou gue ! Qu'amo mai anar sans brayos.
Français
Sur le chemin de Perpignan (bis) Qui y perd, qui y gagne, Tra de ran la, de ran la, le gué ! Qui y perd, qui y gagne. Moi, je n'y ai jamais rien gagné Puisque j'y ai perdu ma compagne, Tra de ran la... Je suis allé la chercher Au plus haut de la montagne, Tra de ran la... Mais moi, je n'y ai rien rencontré Qu'un château couvert de roseaux, Tra de ran la... Il y avait trois dames dedans, Toutes les trois s'appellent Jeanne, Tra de ran la... Elles m'ont invité à souper Et à coucher dans leur chambre, Tra de ran la... De souper, j'y souperai, De coucher, je n'en ai guère envie, Tra de ran la... Je coucherai au pied du feu Sur un petit tas de paille, Tra de ran la... Quand vient la minuit, Le feu s'est mis à la paille, Tra de ran la... Ô servante, lève-toi, Je vois le soleil qui rayonne, Tra de ran la... Ce n'est pas le soleil Qui brille dans la salle, Tra de ran la... Ce sont les braies du galant Qui flambent avec la paille, Tra de ran la... Ô servante, recouche-toi, Laisse flamber ce qui flambe, Tra de ran la... Si elle s'était couchée avec moi Elle n'aurait pas brûlé ses braies, Tra de ran la... Holà, par ma foi, non ! J'aime mieux aller sans braies, Tra de ran la... Que maudit soit le vaurien ! (bis) Qui aime mieux aller sans braies, Tra de ran la, de ran la, le gué ! Qui aime mieux aller sans braies.

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Notice

Ballade narrative au refrain en tra-la-la, où un galant en chemin vers Perpignan cherche sa compagne perdue et rencontre dans un château trois dames nommées Jeanne. L'épisode comique du feu qui prend aux braies du galant conduit à une chute grivoise. Arbaud rapproche le premier couplet d'un proverbe provençal et signale une variante.

Mots notables

ProvençalFrançais
brayosbraies, culottes
casteouchâteau
sagnoroseau, jonc de marais
fistrajuron provençal d'étonnement
foutrauvaurien, mauvais garnement

Source : Damase Arbaud, Chants populaires de la Provence, 1862, chanson n° 40. Domaine public. Numérisation : https://archive.org/details/chantspopulaire00arbagoog. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.