Provençal
Jouinesso venetz escoutar
Uno cansoun que n'avem fach,
Entre lou fus et la fieroue
Rendoun les fremos paressoues,
Ant souvent la mer' en fierant
N'en toumboun lou fus de la man.
Examinetz nouestre fanau
À Jou gau que li vai pas mau,
La candelo que l'y a dedins
Escleirara nouestre camin,
Se s'amoussav' anarie mau
Tañit voudrié gitar Jou fanau.
Avem tous de belos fieroues,
Saunt longos, van de poup' à proue,
Lous fus qu'a gis de mouscouroun
Empacho pas que siegue boun,
Empougnetz lou, es aboundous,
Car d'un soulet n'en fariatz dous.
Les fieroues et les cascaveous
Es tout ce qu'avem de plus beou,
Les cascaveous n'en sount mignouns,
L'escan nous serve de blestoun,
Se lou blestoun n'én ven pas ben
Lou fenirem à l'an que ven.
Bravos fremos d'aquest quartier,
Aduseiz-nous tous vouestre pie,
Proufitez d'aquesl' ouccasien
Per faire vouestro prouvisien,
Lou fierem fin coumo lou lin
Les courdiers lou fan pas plus fin.
Tout' ar' avem tout repassat
Doou trissoun avem pas parlat,
Et n'y a fouesso que se l'avien
Eme plesir s'en sarvirien,
N'autres de poou de l'oublidar
L'avem toujours pendu' au cousfat.
Français
Jeunesse, venez écouter
Une chanson que nous avons faite,
Entre le fuseau et la quenouille
Rendent les femmes paresseuses,
Tant souvent la mère, en filant,
En laisse tomber le fuseau de la main.
Examinez notre fanal,
Au foyer où il ne va pas mal,
La chandelle qui s'y trouve dedans
Éclairera notre chemin,
Si elle s'éteignait, cela irait mal,
Il faudrait presque jeter le fanal.
Nous avons tous de belles quenouilles,
Elles sont longues, elles vont de poupe à proue,
Les fuseaux qui n'ont pas de défaut
N'empêchent pas qu'ils soient bons,
Empoignez-le, il est abondant,
Car d'un seul vous en feriez deux.
Les quenouilles et les grelots
C'est tout ce que nous avons de plus beau,
Les grelots en sont mignons,
Le fuseau à main nous sert de bâton,
Si le fuseau à main ne file pas bien
Nous le finirons l'année qui vient.
Braves femmes de ce quartier,
Apportez-nous tous votre étoupe,
Profitez de cette occasion
Pour faire votre provision,
Nous le filerons fin comme le lin,
Les cordiers ne le font pas plus fin.
Maintenant nous avons tout repassé,
Du teilloir à chanvre nous n'avons pas parlé,
Et il y en a beaucoup qui, s'ils l'avaient,
S'en serviraient avec plaisir,
Nous autres, de peur de l'oublier,
L'avons toujours pendu à notre côté.