Chanson provençale

Lei pastre fan fèsto

Les bergers font fête

Chanson n° 6 Nicolas Saboly, 1671

Chanson n° 6 du recueil 5e cahier de noëls (Avignon, 1671) ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 34 de Nicolas Saboly (dates inconnues), publié en 1671. Nicolas Saboly mort en 1675, domaine public ; publication de 1671, antérieure à 1926 Graphie de la source : mistralienne, reproduite telle quelle.

Texte

Provençal
Lei pastre fan fèsto, Jogon de soun rèsto, Volon tous ana Vers lou Pichot qu’es na. Garnisson sei biasso De pan, de fougasso E de quauque tros de roustit O de quauque pasti. Fan milo grimaço Davans que parti. Toutei lei bergiero S’envan lei proumiero E li van pourta De que l’enmaiouta : De làni, de faisso D’un fiéu de madaisso, De pedas de telo de lin, De calot, de beguin, Uno pleno caisso De post de sapin. Lou Fiéu de Dieu plouro Aussitost qu’es l’ouro Qu’a set o qu’a fam, Coume d’àutreis enfant : Sa maire piéucello Li sort la mamello De l’un o de l’autre coustat E li dono à teta ; Lou Pichot l’apello E li dis : « Mama ! » La Vierge bèn aiso Lou pren e lou baiso E de cent façoun Caresso soun garçoun. D’uno voues charmanto Li parlo e li canto, Li dis : « Jèsu, vous sias tout miéu ; Agués pieta de iéu ! Siéu vosto servanto E vous sias moun Diéu ! »
Français
Les pâtres font fête, Ils se jouent de leur repos, Ils veulent tous aller Vers le Petit qui est né. Ils garnissent leurs musettes De pain, de fougasse Et de quelques morceaux de rôti Ou de quelques pâtés. Ils font mille grimaces Avant de partir. Toutes les bergères S’en vont les premières Et vont lui porter De quoi l’emmailloter : De la laine, des langes D’un fil d’écheveau, Des pièces de toile de lin, Des calots, des béguins, Une pleine caisse De planches de sapin. Le Fils de Dieu pleure Aussitôt qu’il est l’heure Qu’il a soif ou qu’il a faim, Comme d’autres enfants : Sa mère pucelle Lui sort la mamelle De l’un ou de l’autre côté Et lui donne à téter ; Le Petit l’appelle Et lui dit : « Maman ! » La Vierge bien aise Le prend et le baise Et de cent façons Caresse son garçon. D’une voix charmante Elle lui parle et lui chante, Lui dit : « Jésus, vous êtes tout mien ; Ayez pitié de moi ! Je suis votre servante Et vous êtes mon Dieu ! »

Notice

Ce nouvè décrit les bergers se préparant joyeusement à rejoindre l'Enfant nouveau-né, chargeant leurs musettes de pain et de rôti, tandis que les bergères apportent lange et étoffe pour l'emmailloter. Les deux derniers couplets montrent l'intimité familiale de la Nativité : l'Enfant qui pleure et tète comme tout nourrisson, puis la Vierge qui le berce et lui chante des mots de tendresse. Publié en 1671 dans le cinquième cahier de noëls de Nicolas Saboly.

Mots notables

ProvençalFrançais
biassomusette, besace de berger
fougassofougasse
beguinbéguin, bonnet de nourrisson
piéucellopucelle, vierge
mamellomamelle, sein

Source : Nicolas Saboly, 5e cahier de noëls (Avignon, 1671) ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 34, 1671, chanson n° 6. Domaine public. Numérisation : http://mtcn.free.fr/lyrics/lei-pastre-fan-festo-les-patres-font-fete.php?lng=fr. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.