Provençal
Lou crid d’èstre sóudard pertout se fai entèndre,
Li gènt qu’es noste tour devèn faire atencioun ;
I rode designa devèn tóuti nous rèndre,
Senoun sarian mau vist de touto la nacioun.
Siguen fidèu pèr la Territourialo,
Siguen fidèu
E marchen coume se dèu.
Se d’ome de trento an nous fau leissa ‘no femo,
’Mé dous o tres enfant poulit coume lou jour,
Dins mens de quinge jour, lis iue plen de lagremo,
Segur li reveiren, nous riran à l’entour.
Se de bràvi bouié, nous fau leissa l’araire,
Es noun qu’à l’aveni pousquen mens prouspera,
Es pèr que, se vesian la Franço nosto maire
À l’ouro dóu dangié, pousquessian l’apara.
Quand de nòsti fusiéu escupiran li balo,
Es noun pèr nous aprene à tua de mouissau,
Es pèr, se quauque jour vesian la Capitalo,
Dins de tèms malurous, soustenguessian l’assaut.
Nàutri li rejitoun de là Prouvènço amado,
Souto soun caud soulèu degun nous fara pòu ;
En estènt bèn unifourmaren uno armado,
Pèr baia noste sang dins un grand jour de dòu.
De faire soun devé fau que cadun se pique.
Que sièr de s’atrista quand Diéu lou vòu ansin !
Lou mai es quand courrèn au pas gimenastique,
De liuen sèmblo, verai, que chauchan de rasin.
Que la Patrio en pas, que vèi de tàli causo,
Comte sus nosto ardour, car tóuti lou disèn ;
Se sian souto la lèi, noun es nautre l’encauso ;
Se sian de vièi sóudard, avèn que mai de sèn.
Siguen fidèu pèr la Territourialo,
Siguen fidèu
E marchen coume se dèu.
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e de la maqueto pèr Tricìo Dupuy,
en sa qualita de Direitriço
dóu Counsèu d'Amenistracioun
Français
L'appel à être soldat se fait entendre partout,
nous, les gens dont c'est le tour, devons faire attention ;
aux lieux désignés nous devons tous nous rendre,
sinon nous serions mal vus de toute la nation.
Soyons fidèles pour la Territoriale,
soyons fidèles
et marchons comme il se doit.
Si, hommes de trente ans, il nous faut laisser une femme,
avec deux ou trois enfants jolis comme le jour,
en moins de quinze jours, les yeux pleins de larmes,
sûrement nous les reverrons, ils riront autour de nous.
Si, braves laboureurs, il nous faut laisser la charrue,
ce n'est pas pour que nous puissions moins prospérer à l'avenir,
c'est pour que, si nous voyions la France notre mère
à l'heure du danger, nous puissions la défendre.
Quand nos fusils cracheront les balles,
ce n'est pas pour nous apprendre à tuer des moustiques,
c'est pour que, si un jour nous voyions la Capitale,
dans des temps malheureux, nous puissions soutenir l'assaut.
Nous, les rejetons de la Provence bien-aimée,
sous son chaud soleil personne ne nous fera peur ;
étant bien uniformés nous formerons une armée,
pour donner notre sang dans un grand jour de deuil.
Chacun doit se piquer de faire son devoir.
à quoi sert de s'attrister quand Dieu le veut ainsi !
le plus dur est quand nous courons au pas gymnastique,
de loin il semble, vraiment, que nous foulons du raisin.
Que la Patrie, en paix, qui voit de telles choses,
compte sur notre ardeur, car nous le disons tous ;
si nous sommes soumis à la loi, nous n'en sommes pas la cause ;
si nous sommes de vieux soldats, nous n'en avons que plus de sagesse.
Soyons fidèles pour la Territoriale,
soyons fidèles
et marchons comme il se doit.
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