Provençal
Li a proun de gènt
Que van en roumavage ;
Li a proun de gènt
Que van en Betelèn.
Li vole ana,
Ai quàsi proun courage ;
Li vole ana,
Siéu pode camina.
La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello ;
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau.
Tous lei bergié
Quèron sus la mountagno,
Tous lei bergié
An vist un messagié
Que li a crida :
« Metès-vous en campagno ! »
Que li a crida :
« Lou Fiéu de Dieu es na ! »
La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello ;
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau.
En aquest tèm
Lei fèbre soun pas sano,
En aquest tèm
Lei fèbre valon rèn.
Ai endura
Uno fèbre quartano,
Ai endura
Sènso me rancura.
La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello ;
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau.
Ai un roussin
Que volo dessus terro ;
Ai un roussin
Que manjo lou camin !
Lai acheta
D’un que vèn de la guerro ;
Lai acheta
Cinq escut de pata.
La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello ;
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau.
Un gros pastras
Que fai la catamiaulo,
Un gros pastras
S’en vai au pichot pas.
Sèi revira
Au brut de ma paraulo ;
Sèi revira,
Li ai di de m’espéra.
La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello ;
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau.
Aquéu palot
Descausso sei sabato,
Aquéu palot
S’en vai au grand galop.
Mai, sen cop lai,
Li dounarai la grato,
Mai, sen cop lai,
Iéu lou tapoutarai.
La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello ;
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau.
Quand aurai vist
Lou Fiéu de Diéu lou Paire,
Quand aurai vist
Lou Rèi de Paradis
E quand aurai
Felecita sa maire,
E quand aurai
Fa tout ce que déurrai,
N’aurai plus gis de mau,
Bouto sello, bouto sello,
N’aurai plus gis de mau,
Bouto sello à moun chivau.
Français
Il y a beaucoup de gens
Qui vont en pèlerinage ;
Il y a beaucoup de gens
Qui vont à Bethléem.
Je veux y aller,
J’ai quasiment assez de courage ;
Je veux y aller,
Si je peux cheminer.
La jambe me fait mal,
Boute selle, boute selle ;
La jambe me fait mal,
Boute selle à mon cheval.
Tous les bergers
Étaient sur la montagne,
Tous les bergers
Ont vu un messager
Qui leur a crié :
« Mettez-vous en campagne ! »
Qui leur a crié :
« Le fils de Dieu est né ! »
La jambe me fait mal,
Boute selle, boute selle ;
La jambe me fait mal,
Boute selle à mon cheval.
En ce temps-là
Les fièvres ne sont pas saines,
En ce temps-là
Les fièvres ne valent rien.
J’ai enduré
Une fièvre quarte,
J’ai enduré
Sans m’en plaindre.
La jambe me fait mal,
Boute selle, boute selle ;
La jambe me fait mal,
Boute selle à mon cheval.
J’ai un roussin
Qui vole sur la terre ;
J’ai un roussin
Qui avale le chemin !
Je l’ai acheté
À quelqu’un qui vient de la guerre ;
Je l’ai acheté
Cinq écus de menue monnaie.
La jambe me fait mal,
Boute selle, boute selle ;
La jambe me fait mal,
Boute selle à mon cheval.
Un gros berger
Qui fait la chattemite,
Un gros berger
S’en va au petit pas.
Il s’est retourné
Au bruit de ma parole ;
Il s’est retourné,
Je lui ai dit de m’attendre.
La jambe me fait mal,
Boute selle, boute selle ;
La jambe me fait mal,
Boute selle à mon cheval.
Ce berger paresseux
Déchausse ses savates,
Ce berger paresseux
S’en va au grand galop.
Mais, si je l’attrape,
Je lui donnerai des démangeaisons,
Mais, si je l’attrape,
Moi je le tapoterai.
La jambe me fait mal,
Boute selle, boute selle ;
La jambe me fait mal,
Boute selle à mon cheval.
Quand j’aurai vu
Le fils de Dieu le père,
Quand j’aurai vu
Le roi du paradis
Et quand j’aurai
Félicité sa mère,
Et quand j’aurai
Fait tout ce que je devrai,
Je n’aurai plus guère de mal,
Boute selle, boute selle,
Je n’aurai plus guère de mal,
Boute selle à mon cheval.