Chanson provençale

Guihaume, Tòni, Pèire

Guillaume, Antoine, Pierre

Chanson n° 2 Attribué au frère Sérapion (attribution longtemps faite à Nicolas Saboly), XVIIe siècle

Chanson n° 2 du recueil Publié post mortem dans les éditions des noëls de Saboly ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 64 de Attribué au frère Sérapion (attribution longtemps faite à Nicolas Saboly) (dates inconnues), publié en XVIIe siècle. Frère Sérapion, auteur du XVIIe siècle mort depuis plus de 70 ans, domaine public ; publication du texte antérieure à 1926 Graphie de la source : mistralienne, reproduite telle quelle.

Texte

Provençal
Guihaume, Toni, Pèire, Jaque, Glaude, Micoulau, Vous an jamai fa vèire Lou soulèu que pèr un trau. Venès vite, Courrès vite, Qu’aquesto fes lou veirés tant que voudrés, Pèr mai de dous o tres. Dins uno cabaneto Traucado de tout coustat, Sènso ges de luneto, Diéu fai vèire sa clarta. E sa Maire, E sa Maire, Qu’es auprès d’éu, lou soulèu près de si péu, Semblarié qu’un calèu ! Quand miejo-nue sounavo, Soumihave tout escas. Nostre gros gau cantavo : « Cacaraca ! Cacaraca ! » Quaucun crido ! Quaucun crido ! Jan, lèvo-te ! Gros palet, abiho-te ! Escouto aquest moutet ! Sènso vèire persouno, Au travers de moun chassis, Ause l’ange qu’entouno : « Gloria in excelsis ! Et in terra, Et in terra... » Tòu ! Patatòu ! Saute au sòu, de moun linçòu, E courre coume un fòu. Ai vist, noun vous desplase, Un enfant dessus lou fen, Un ome, un biòu, un ase, A l’entour d’uno jacènt. Que de joio ! Que de joio ! Dins aquéu liò, fan triò, e pèr ecò L’ase respond : « Hi ! Ho ! » Courrès, courrès, bregado ! Anas vèire coume iéu La Vierge benurado Qu’alacho leu Fiéu de Diéu. Faudra dire, Faudra dire Quauco cansoun au Garçoun, a la façoun D’aquelo de soum-soum.
Français
Guillaume, Antoine, Pierre, Jacques, Claude, Nicolas, On ne vous a jamais fait voir Le soleil que par un trou. Venez vite, Courez vite, Que cette fois vous le verrez autant que vous voudrez, Pour plus de deux ou trois fois. Dans une petite cabane, Trouée de tous côtés, Sans aucune lunette, Dieu fait voir sa clarté. Et sa Mère, Et sa Mère, Qui est auprès de lui, le soleil près de ses cheveux, Ne semblerait qu’une lampe à huile ! Quand minuit sonnait, Je m’endormais à peine. Notre gros coq chantait : « Cocorico ! Cocorico ! » Quelqu’un crie ! Quelqu’un crie ! Jean, lève-toi ! Gros paresseux, habille-toi ! Écoute ce motet ! Sans voir personne, Au travers de mon châssis, J’entends l’ange qui entonne : « Gloire au plus haut des cieux ! Et sur terre, Et sur terre... » Boum ! Patatras ! Je saute au sol, de mon lit, Et je cours comme un fou. J’ai vu, ne vous déplaise, Un enfant sur le foin, Un homme, un bœuf, un âne, Autour d’une accouchée. Que de joie ! Que de joie ! Dans ce lieu, ils font un trio, et pour écho L’âne répond : « Hi-han ! » Courez, courez, gens de la troupe ! Vous allez voir comme moi La Vierge bienheureuse Qui allaite le Fils de Dieu. Il faudra dire, Il faudra dire, Quelque chanson au garçon, à la façon De cette berceuse.

Écouter

Notice

Ce nouvè ancien appelle des bergers, nommés un à un, à venir voir la lumière divine qui éclaire une pauvre cabane où Dieu est né. Longtemps attribué à Nicolas Saboly, les travaux récents l'attribuent à un frère Sérapion du XVIIe siècle, attribution donnée au conditionnel par les sources, dont on ignore si la musique lui revient aussi. Frédéric Mistral composa en 1867 son hymne provençal Coupo Santo sur l'air de ce nouvè, dédié à Félix Gras. Le chant devint ainsi l'hymne du Félibrige, puis un chant de ralliement provençal bien au-delà du cercle félibréen.

Mots notables

ProvençalFrançais
cabanetopetite cabane
calèulampe à huile
paletlambin, paresseux qui tatillonne
chassischâssis, fenêtre
jacèntfemme qui vient d'accoucher, accouchée
bregadotroupe, compagnie de gens

Source : Attribué au frère Sérapion (attribution longtemps faite à Nicolas Saboly), Publié post mortem dans les éditions des noëls de Saboly ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 64, XVIIe siècle, chanson n° 2. Domaine public. Numérisation : http://mtcn.free.fr/lyrics/guihaume-tony-peire.php?lng=fr. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.