Chanson provençale

Auprès d’aquel estable

Auprès de cette étable

Chanson n° 10 Nicolas Saboly, 1673

Chanson n° 10 du recueil 7e cahier de noëls (Avignon, 1673) ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 48 de Nicolas Saboly (dates inconnues), publié en 1673. Nicolas Saboly mort en 1675, domaine public ; publication de 1673, antérieure à 1926 Graphie de la source : mistralienne, reproduite telle quelle.

Texte

Provençal
Auprès d’aquel estable Vount es l’Enfant tout nud, Ai rescountra lou Diable, L’ai proun bèn couneigu. Ai rescountra lou Diable, L’ai proun bèn couneigu : Avié, coume uno cabro, De bano sus lou su. Avié, coume uno cabro, De bano sus lou su ; Avié la tèsto plato, E lou mourre pounchu. Avié la tèsto plato, E lou mourre pounchu ; Leis auriho d’un ase, E lou còu d’un pendu. Leis auriho d’un ase, E lou còu d’un pendu ; Lei bras fach en andouio, Lou bout dei det croucu. Lei bras fach en andouio, Lou bout dei det croucu ; Lei cambo de flahuto, E lei dous pèd fourcu. Lei cambo de flahuto, E lei dous pèd fourcu ; A desplega seis arpo, E m’a sauta dessu. A desplega seis arpo, E m’a sauta dessu ; Moun Diéu ! ma bono Vierge ! Secours ! iéu siéu perdu ! Moun Diéu ! ma bono Vierge ! Secours ! iéu siéu perdu ! Tous lei gènt de l’estable D’abord m’an entendu. Tous lei gènt de l’estable D’abord m’an entendu ; Pèr ma bono fourtuno, Un ange a pareigu. Pèr ma bono fourtuno, Un ange a pareigu, Que l’a près pèr lei bano E l’a mes en tafu. Que l’a près pèr lei bano E l’a mes en tafu... Anas ! Vèspro soun dicho, De Nouvè n’i’a pas plu.
Français
Auprès de cette étable Où est l’Enfant tout nu, J’ai rencontré le diable, Je l’ai assez bien connu. J’ai rencontré le diable, Je l’ai assez bien connu : Il avait, comme une chèvre, Des cornes sur la tête. Il avait, comme une chèvre, Des cornes sur la tête ; Il avait la tête plate, Et la trogne pointue. Il avait la tête plate, Et la trogne pointue ; Les oreilles d’un âne, Et le cou d’un pendu. Les oreilles d’un âne, Et le cou d’un pendu ; Les bras faits en andouille, Le bout des doigts crochus. Les bras faits en andouille, Le bout des doigts crochus ; Les jambes de flûte, Et les deux pieds fourchus. Les jambes de flûte, Et les deux pieds fourchus ; Il a déployé ses griffes, Et m’a sauté dessus. Il a déployé ses griffes, Et m’a sauté dessus ; Mon Dieu ! ma bonne Vierge ! Au secours ! moi je suis perdu ! Mon Dieu ! ma bonne Vierge ! Au secours ! moi je suis perdu ! Tous les gens de l’étable D’abord m’ont entendu. Tous les gens de l’étable D’abord m’ont entendu ; Pour ma bonne fortune, Un ange est apparu. Pour ma bonne fortune, Un ange est apparu, Qui l’a pris par les cornes Et l’a mis au tombeau. Qui l’a pris par les cornes Et l’a mis au tombeau... Allez ! Les vêpres sont dites, De Noël il n’y en a plus.

Notice

Ce nouvè comique décrit par le procédé de la concaténation (chaque couplet reprenant le dernier vers du précédent) une rencontre effrayante avec le diable près de l'étable de la Nativité, énumérant ses attributs monstrueux un à un : cornes, tête plate, oreilles d'âne, pieds fourchus. Un ange finit par saisir le démon par les cornes et le renvoyer au tombeau, et le dernier couplet clôt malicieusement le récit en annonçant la fin des vêpres et des noëls. Publié en 1673 dans le septième cahier de Nicolas Saboly.

Mots notables

ProvençalFrançais
banocornes
andouioandouille (ici, comme image du bras difforme)
croucucrochu
arpogriffes
tafutombeau

Source : Nicolas Saboly, 7e cahier de noëls (Avignon, 1673) ; réédition Fr. Seguin, 1856, n° 48, 1673, chanson n° 10. Domaine public. Numérisation : http://mtcn.free.fr/lyrics/aupres-d-aquel-estable.php?lng=fr. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.