Provençal
Sount tres veisseous dedins Marselho
Que van partir per Pourtugal,
Liroun fa la lireto,
Que van partir per Pourtugal,
Liroun fa la lira.
N'ant ben restat sept ans sur l'aiguo
Senso terro pousqu' abourdar.
Quand l'y a sept ans que sount sur l'aiguo
Lou pan, lou vin, tout a manquat.
N'ant tirat à la courto palho
Quau sera lou premier mangeat.
Lou mestre qu'a partit les palhos,
Se la plus courto li a restat:
— Quan n'en es aqueou vaillant moussi
Que la vido me voou sauvar ?
Li doun' uno de mes tres filhos
Em' un vaisseou subredaurat.
— N'en sera iou, moun capitani,
Que la vido vous vau sauvar.
— Ah! mountio, mounto, vaillant moussi,
Mount' à la poumo doou grand mat.
Quand lou moussi 's sur les crousetos
Lou moussi s'es mes à plourar :
— Ab! de que ploures, vaillant moussi,
Veses pas quauque port de mar ?
— Jou vese que lou ciel et l'aiguo
Eme les oundos de la mar.
— Ah! mounto, mounto, vaillant moussi,
Un pau plus haut te faut mountar.
Quand Jou moussi n'es sur la poumo,
Lou moussi s'es mes à cantar :
— Ah! de que cantes, vaillant moussi,
Veses-tu quauque port de mar ?
— Vese Touloun, vese Marselho,
Nouestro-Damo de la Cioutat,
Vese tres jouinos dameiselos
Que proumenoun long de la mar.
— Ah! canto, canio, vaïlant moussi,
Aro n'as ben de que cantar;
'A s-gagna 'no poulido filho
Em un vaisseou subredaurat.
— Ài gagua 'no poulido filho,
Mai ai risquat d'estre mangeat.
Français
Il y a trois vaisseaux dans Marseille
Qui vont partir pour le Portugal,
Refrain de vocables, sans traduction lexicale.
Qui vont partir pour le Portugal,
Refrain de vocables, sans traduction lexicale.
Ils sont bien restés sept ans sur l'eau
Sans pouvoir aborder terre.
Quand il y a sept ans qu'ils sont sur l'eau
Le pain, le vin, tout a manqué.
Ils ont tiré à la courte paille
Pour savoir qui serait mangé le premier.
Le maître qui a partagé les pailles,
C'est à lui que la plus courte est restée :
Y a-t-il un vaillant mousse
Qui veuille me sauver la vie ?
Je lui donne une de mes trois filles
Avec un vaisseau tout doré.
Ce sera moi, mon capitaine,
Qui vais vous sauver la vie.
Ah ! monte, monte, vaillant mousse,
Monte au sommet du grand mât.
Quand le mousse est sur les vergues
Le mousse s'est mis à pleurer :
Ah ! de quoi pleures-tu, vaillant mousse,
Ne vois-tu pas quelque port de mer ?
Je ne vois que le ciel et l'eau
Avec les vagues de la mer.
Ah ! monte, monte, vaillant mousse,
Il te faut monter un peu plus haut.
Quand le mousse est sur le sommet du mât,
Le mousse s'est mis à chanter :
Ah ! de quoi chantes-tu, vaillant mousse,
Vois-tu quelque port de mer ?
Je vois Toulon, je vois Marseille,
Notre-Dame de la Cité,
Je vois trois jeunes demoiselles
Qui se promènent le long de la mer.
Ah ! chante, chante, vaillant mousse,
Maintenant tu as bien de quoi chanter ;
Tu as gagné une jolie fille
Avec un vaisseau tout doré.
J'ai gagné une jolie fille,
Mais j'ai risqué d'être mangé.