Chanson provençale

LES TRES COUMAIRES

Les trois commères

Chanson n° 35 Damase Arbaud, 1862

Chanson n° 35 du recueil Chants populaires de la Provence de Damase Arbaud (1814-1876), publié en 1862. Domaine public. Le texte est donné dans la graphie d'Arbaud, antérieure à la normalisation félibréenne : elle est reproduite telle quelle, sans correction.

Texte

Provençal
Se n'en sont tres coumairetos, Parloun de n'en fa 'n banquet, Lantiri li goudet, Parloun de n'en fa 'n banquet. Que pagaras-tu, coumaire, Seras de nouestre banquet ? Pagarai les uous, coumaire, Serai de vouestre banquet. lou pagarai la megino, Serai de vouestre banquet. N'en ant fach un' oumeleto Que n'avie noou pans d'espes. Tres coupos de vins van querrer, S'empegueroun toutes tres; (*) Uno toumbo sous la taulo, Et l'autro \ers la paret, L'autro n'en pren ses matinos Vai pregar à Sant Frances. . Dins lou temps que s sjoulino N'en lacho 0 quatr' ou cinq pets. (*) Lou remoun que n'en fagueroun Fagne. tourabar sant Frances. Lou cura di: pauro fremo, Beleou que n'en crebaretz. Lou clerzoun courr' es campanos Vai sounar per lou Lemps drech. Moun Diou ! s'aqueou temps duravo Restarie pa 'n aubre drech, Lantiri li goudet, Restarie pa 'n aubre drech.
Français
Elles sont trois petites commères, Elles parlent d'en faire un banquet, Lantiri li goudet, Elles parlent d'en faire un banquet. Que paieras-tu, commère, Seras-tu de notre banquet ? Je paierai les œufs, commère, Je serai de votre banquet. Je paierai le fromage frais, Je serai de votre banquet. Elles en ont fait une omelette Qui avait neuf pains d'épaisseur. Elles vont chercher trois pots de vin, Elles s'enivrèrent toutes les trois ; L'une tombe sous la table, Et l'autre vers le mur, L'autre en prend ses matines Va prier saint François. Dans le temps qu'elle se soûle (passage incertain) Elle en lâche quatre ou cinq pets. Le bruit qu'elles en firent Fit revenir saint François. Le curé dit : pauvre femme, Peut-être en crèverez-vous. Le petit clerc court aux cloches Va sonner pour le mauvais temps. Mon Dieu ! si ce temps-là durait Il ne resterait pas un arbre droit, Lantiri li goudet, Il ne resterait pas un arbre droit.

Notice

Chanson comique de facture populaire mettant en scène trois commères qui organisent un banquet payé en œufs et en fromage frais, s'enivrent de vin et sombrent dans une scène burlesque scandée par le refrain « Lantiri li goudet ». Le texte, endommagé par endroits dans la numérisation, garde des passages incertains signalés ci-dessous.

Mots notables

ProvençalFrançais
coumairetospetites commères
meginofromage frais, caillé
oumeletoomelette
clerzounpetit clerc
crebaretzvous crèverez, vous mourrez

Source : Damase Arbaud, Chants populaires de la Provence, 1862, chanson n° 35. Domaine public. Numérisation : https://archive.org/details/chantspopulaire00arbagoog. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.