Provençal
Sant Jause eme Mario,
Tous dous s'en van vouyagear,
Sant Jause eme Mario,
Et vivo lou rei!
Tous dous s'en van vouyagear,
Vivo lou rei! Alleluia!
Dins la villo qu'arriveroun
Degun les voou retirar ;
L'y agut qu'uno pauro veouso;
Dins l'estable les a lougeats.
— Te remarciam, Margarido,
De l'hounour que nous as fach.
Jamaï, tu, ni ta familho,
Jamai ren vous manquara.
La Viergi s'es anado
Eme soun enfant au bras ;
D'eiça ven bouyer brav' homme,
— Ount' anatz, ma belo Damo,
Qu'un tant bel enfant pourtatz?
— Oh ! digo, bouyer brav' homme,
Lou voudries-tu counservar ?
— Metetz-vous souto ma Capo,
Degun vous descurbira.
— Retourno; bouyer brav' homme,
Vai-t-en meissounar toun blad:
— Lou poussible, belo Damo,
Es pas 'nca tout samenat ;
— Vai-t-en querrer toun anrame,
Toun blad se vai madurar.
N'en es pas lou quart d'un' houro
Fouguet flourit et nousat;
N'en es pas lou quart d'un' autro,
Fouguet lest à meissounar.
À la premiero gavelo
L'y aguet cent panaus de blad.
À la secoundo gavelo
L'ant pas pousqut estremar.
D'eica ven cavalario,
— Digo nous, bouyer brav' homme,
Tu que meissounes toun blad,
As pas vist passar Mario,
Eme soun Enfant au bras ?
— Ant passat quand samenave,
Quand samenave moun blad:
— Alors tournem se, bregado,
Aquo-n-ero l'an passat,
Alors tournem se, bregado,
Et vivo lou rei!
Aquo-n-ero l'an passat,
Vivo lou rei! Alleluia!
Français
Saint Joseph et Marie,
Tous deux s'en vont voyager,
Saint Joseph et Marie,
Et vive le roi!
Tous deux s'en vont voyager,
Vive le roi! Alléluia!
Dans la ville où ils arrivèrent
Personne ne veut les recevoir ;
Il n'y eut qu'une pauvre veuve;
Dans l'étable elle les a logés.
Nous vous remercions, Marguerite,
De l'honneur que vous nous avez fait.
Jamais, toi, ni ta famille,
Jamais rien ne vous manquera.
La Vierge s'en est allée
Avec son enfant au bras ;
De là vient un bouvier brave homme,
Où allez vous, ma belle Dame,
Qu'un si bel enfant vous portez?
Oh ! dis, bouvier brave homme,
Voudrais tu le conserver ?
Mettez vous sous ma cape,
Personne ne vous découvrira.
Retourne, bouvier brave homme,
Va t'en moissonner ton blé:
C'est impossible, belle Dame,
Il n'est pas encore tout semé ;
Va t'en chercher ton araire,
Ton blé va mûrir.
Il ne s'était pas passé un quart d'heure
Qu'il fut fleuri et noué;
Il ne s'était pas passé un autre quart d'heure,
Qu'il fut prêt à moissonner.
À la première gerbe
Il y eut cent gerbées de blé.
À la seconde gerbe
Ils n'ont pas pu tout engranger.
De là vient la cavalerie,
Dis nous, bouvier brave homme,
Toi qui moissonnes ton blé,
N'as tu pas vu passer Marie,
Avec son Enfant au bras ?
Elle est passée quand je semais,
Quand je semais mon blé:
Alors retournons nous en, troupe,
Cela s'est passé l'an dernier,
Alors retournons nous en, troupe,
Et vive le roi!
Cela s'est passé l'an dernier,
Vive le roi! Alléluia!