Chanson provençale

FANFARNETO

Fanfarnette

Chanson n° 20 Damase Arbaud, 1862

Chanson n° 20 du recueil Chants populaires de la Provence de Damase Arbaud (1814-1876), publié en 1862. Domaine public. Le texte est donné dans la graphie d'Arbaud, antérieure à la normalisation félibréenne : elle est reproduite telle quelle, sans correction.

Texte

Provençal
Fanfarneto se levo, Tra la lajalala, tra la la lé, Landerira! Fanfarneto se levo Tres houros d'avant jour. N'en prend sa coulougneto Eme soun pichoun tour; Tous les tours que viravoun Fasie ’n souspir d'amour. Sa mero la vai veire : — Ma filho qu'avetz-vous ? N'avetz lou mau de testo Ou ben lou mau d'amour ? — N'ai pas lou mau de testo Que n'ai lou mau d'amour. — N'en plouretz pas, ma filho, Que vous maridarem, Vous dounarem un prince, Ou lou fiou d’un baroun. — Jou vouere pas un princé, Ni lou flou d’un baroun, Vouere moun ami Piarre Que n'es dins la presoun. — Belo, toun ami Piarre Te lou pendourarem. — Se pendouratz moun Piarre : Pendouratz-nous tous dous ; -Pendetz me iou à l’aubo, : Et eou apres lou jour ; Au camin de Sant Jacque Entarratz-nous tous dous, Curbetz lou eou de rosos Tapetz-me iou de flours; Tous les roumious que passoun N'en prendran quauque brout. Diran : Diou ague l'amo, Tra la la la La la, tra.la lala, Landerira ! Diran : Diou ague l’amo "Des paurés amôurous, Que n’en souen mourerts tous éeûs.
Français
Fanfarnette se lève, Refrain de vocables, sans traduction lexicale. Refrain de vocables, sans traduction lexicale. Fanfarnette se lève Trois heures avant le jour. Elle prend sa quenouille Avec son petit tour ; À tous les tours qu'il faisait Elle poussait un soupir d'amour. Sa mère va la voir : Ma fille, qu'avez-vous ? Avez-vous mal à la tête Ou bien le mal d'amour ? Je n'ai pas mal à la tête, J'ai le mal d'amour. N'en pleurez pas, ma fille, Nous vous marierons, Nous vous donnerons un prince, Ou le fils d'un baron. Je ne veux pas un prince, Ni le fils d'un baron, Je veux mon ami Pierre Qui est dans la prison. Belle, ton ami Pierre, Nous te le pendrons. Si vous pendez mon Pierre, Pendez-nous tous les deux ; Pendez-moi à l'aube, Et lui après le jour ; Au chemin de Saint-Jacques Enterrez-nous tous les deux, Couvrez-le de roses Couvrez-moi de fleurs ; Tous les pèlerins qui passent En prendront quelque brin. Ils diront : Dieu ait son âme, Refrain de vocables, sans traduction lexicale. Refrain de vocables, sans traduction lexicale. Ils diront : Dieu ait son âme Des pauvres amoureux, Qui en sont morts tous les deux.

Écouter

Notice

Cette chanson à refrain conte l'histoire de Fanfarneto, éprise de son ami Pierre retenu en prison, que sa mère voudrait voir marier à un prince ou au fils d'un baron. Fanfarneto refuse et préfère être pendue aux côtés de Pierre plutôt que de renoncer à lui. Elle demande à être ensevelie avec lui au chemin de Saint-Jacques, sous des roses et des fleurs que les pèlerins de passage cueilleront. Le motif des deux amants morts d'amour et enterrés ensemble, salués par les passants, en fait une ballade tragique proche de la complainte.

Mots notables

ProvençalFrançais
coulougnetopetite quenouille
pichoun tourpetit rouet à filer
roumiouspèlerins
auboaube
Landeriravocable de refrain, sans sens lexical

Source : Damase Arbaud, Chants populaires de la Provence, 1862, chanson n° 20. Domaine public. Numérisation : https://archive.org/details/chantspopulaire00arbagoog. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.