Chanson n° 16 du recueil Chants populaires de la Provence de Damase Arbaud (1814-1876), publié en 1862. Domaine public. Le texte est donné dans la graphie d'Arbaud, antérieure à la normalisation félibréenne : elle est reproduite telle quelle, sans correction.
Texte
Provençal
Sount {res filhos de la Cioutat
Qu'ant fach nouven’ à Nouestro-Damo
Belo Vicrgi courounado !
Per un matin l'y sount anad”
Mai sur l'autar l'ant pas tronvado ;
Belo Viergi courounado |
En se virant delà la mar
La vien venir touto bagnado ;
Belo Viergi courounado !
Tenie soun Fiou entre ses bras,
Sus un nivou ero pourlado ;
Belo Viergi courounado !
— Santo Mero d'ounte venetz,
D'ounte venelz que siatz bagnado ?
Belo Viergi courounado!
— Jou vene de delà la mar;
L’y avie ’n veisseou que se negavo;
Belo Viergi courounado!
Et jou les ai toutes sauvafs,
Hors doou nonchier que renegavo;
Belo Viergi courounado!
Que renegavo moun cher Fiou,
Soun amo sera pas sauvado.
Belo Viergi courounado |!
Français
Ce sont trois filles de la ville
Qui ont fait neuvaine à Notre-Dame,
Belle Vierge couronnée !
Un matin elles y sont allées,
Mais sur l'autel elles ne l'ont pas trouvée ;
Belle Vierge couronnée !
En se tournant vers le large,
Elles la voient venir toute mouillée ;
Belle Vierge couronnée !
Elle tenait son Fils entre ses bras,
Sur un nuage elle était portée ;
Belle Vierge couronnée !
- Sainte Mère, d'où venez-vous,
D'où venez-vous que vous soyez mouillée ?
Belle Vierge couronnée !
- Je viens de par-delà la mer ;
Il y avait un navire qui se noyait ;
Belle Vierge couronnée !
Et je les ai tous sauvés,
Hormis le marin qui reniait ;
Belle Vierge couronnée !
Qui reniait mon cher Fils,
Son âme ne sera pas sauvée.
Belle Vierge couronnée !
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Notice
Cette chanson religieuse raconte comment trois jeunes filles de la ville, ayant fait une neuvaine à Notre-Dame, ne trouvent pas la statue sur l'autel et voient la Vierge apparaître venant de la mer, portant son Fils sur un nuage. Interrogée, la Vierge explique qu'elle vient de sauver les passagers d'un navire en train de sombrer, à l'exception du marin qui la reniait et dont l'âme ne sera pas sauvée. Le refrain « Belle Vierge couronnée » revient après chaque couplet, dans la forme classique de la ronde ou du cantique populaire. Arbaud indique que la pièce lui a été communiquée par M. Martin.
Source : Damase Arbaud, Chants populaires de la Provence, 1862,
chanson n° 16. Domaine public. Numérisation :
https://archive.org/details/chantspopulaire00arbagoog. Transcription et mise en forme par Lingua Nostra.